Du cul et des règles.
(le cimetière, tome 2)
(pour savoir de quoi je parle, il faut que tu aies lu cet article et celui-là aussi avant)
Nina écrit :
J’ai cette façon bien ancrée bien intense bien conne bien masochiste de me dire que je n’ai pas d’inspiration et que je ne suis pas créative. Que je suis encore moins une écrivaine voyons je publie juste des p’tits fragments intimes deux trois lignes qui veulent rien dire je sais pas écrire des romans je serais jamais capable de faire beaucoup de pages qui se tiennent. Simultanément, mon paradoxe de vie c’est que je suis la fille qui voit des dizaines de centaines de scénarios par jour dans sa tête. J’imagine toujours le pire ou le meilleur j’imagine toujours ce qui peut arriver toutes les variations de ce qui pourrait arriver pendant après et surtout surtout tout ce qui s’est passé avant. Quand j’écris, je ne pense pas à écrire. Je pense à placer mon ordinateur au bon endroit à avoir la bonne chanson à avoir le bon breuvage la bonne vue. Je pense à trouver la bonne idée à avoir les bons mots à être une écrivaine à personnifier l’image de la bonne écrivaine à ma posture sur ma chaise d’ordinateur au travail que je ne fais pas parce que j’ai décidé d’écrire à la place à la vaisselle qui s’accumule pendant que je devrais écrire à pourquoi je ne suis pas en train d’écrire déjà qu’est-ce qui se passe je ne suis probablement pas une écrivaine finalement si je n’écris pas depuis tout ce temps. Ça se ressent dans le livre que j’ai écrit en 15 minutes 1 heure max 2 et que je n’ai pas encore envoyé à Léa parce que j’ai la grosse chienne sale de la décevoir à jamais et que ce soit mauvais.
Mon livre traite d’une fille qui écrit qui ne fait que ça mais pas une seule fois je l’ai écrite en train d’écrire. Je me souviens même m’être dit à plusieurs reprises que je ne saurais absolument pas comment écrire qu’elle écrit. Je sais décrire la mise en place je sais jouer dans sa tête et en sortir toutes les abominations et autres tableaux adorables qui y vivent mais si tu me demandais d’être présente ici et maintenant avec un geste aussi simple qu’écrire je suis pas mal certaine que j’en ferais mon propre petit syndrome de la page blanche. En fait, c’était déjà le cas si tu te fies au début du deuxième chapitre :
Si tu veux lire mon début de deuxième chapitre et savoir comment je prévois être ici et maintenant quand je vais finalement finir par faire un striptease à mon chum, faut que tu me payes



